Ouaga Côté Court 2026 : le court métrage veut conquérir de nouveaux publics à Ouagadougou
Du 14 au 21 novembre 2026, le Grin des Arts Vivants, à Ouidi, accueillera la cinquième édition de Ouaga Côté Court. Un rendez-vous consacré au cinéma de court métrage, avec une ambition claire : donner davantage de visibilité à des œuvres qui peinent encore à trouver leur place dans les circuits habituels de diffusion.

Le samedi 7 novembre, les responsables de Ouaga Côté Court ont rencontré la presse pour présenter les grandes lignes de cette nouvelle édition. Créé en 2022 à l’initiative de la chorégraphe et réalisatrice Irène Tassembédo, le festival poursuit son engagement en faveur du court métrage, un format cinématographique dont la richesse créative contraste souvent avec les possibilités limitées de diffusion.
Fiction, documentaire et animation : pendant une semaine, des films venus de différents horizons seront proposés au public. L’une des particularités de cette édition réside dans son ouverture aux populations. Chaque soir, les projections au Grin des Arts Vivants seront accessibles gratuitement. Le festival prévoit également des séances dans plusieurs quartiers de Ouagadougou, afin de rapprocher le cinéma de personnes qui fréquentent peu les salles obscures.
736 films soumis, 55 retenus
L’édition 2026 affiche une participation internationale remarquable. À la suite de l’appel à films lancé en août sur la plateforme Shortfilmdepot, le festival a reçu 736 propositions provenant de 91 pays. À l’issue du travail du comité international de sélection, 55 films ont été retenus pour la sélection officielle, dont 10 issus d’Afrique et de l’océan Indien et deux productions burkinabè.

Ces chiffres témoignent de l’intérêt suscité par cette plateforme et de la diversité des regards que le festival entend faire découvrir. Les œuvres sélectionnées concourront pour six prix généraux, trois prix techniques ainsi que des distinctions spéciales attribuées avec le concours des partenaires.
Le jury international sera présidé par le Togolais Sanvee Béno. Il sera composé de Mouna N’Diaye, Jacques Sarasin, Laure Guiré et Hugues-Fabrice Zango.
Un festival qui veut aller au-delà des projections
Ouaga Côté Court entend également faire de cette semaine un espace de formation, de rencontres et de partage d’expériences. Des ateliers et des master classes destinés aux professionnels, aux techniciens, aux étudiants des écoles de cinéma et aux jeunes passionnés sont annoncés du 15 au 20 novembre.

Des rencontres autour du septième art et des activités musicales viendront compléter la programmation. Une attention particulière sera aussi accordée au jeune public, avec des séances conçues pour lui faire découvrir le cinéma et éveiller sa curiosité.
Cette orientation répond à l’une des ambitions fondatrices du festival : permettre aux films courts de rencontrer leur public, mais aussi offrir aux réalisateurs et aux professionnels des occasions de présenter leurs œuvres, d’échanger et de développer de nouvelles collaborations.
Irène Tassembédo : ouvrir davantage les écrans
Pour Irène Tassembédo, l’enjeu est d’abord celui de la diffusion. La promotrice rappelle que le court métrage reste confronté à un véritable déficit de visibilité sur le continent, malgré la qualité et la diversité des créations.

Elle explique avoir créé Ouaga Côté Court en 2022 avec une équipe de passionnés pour répondre à cette difficulté. Son ambition est de faire du festival une plateforme internationale, exigeante dans sa sélection, mais accessible et conviviale dans son fonctionnement.
Elle défend également une programmation ouverte aux cinématographies du monde entier, convaincue que les spectateurs africains doivent pouvoir découvrir des films de différentes origines et que les réalisateurs du continent méritent des espaces où leurs œuvres peuvent être vues et appréciées.
Cette volonté s’inscrit dans un parcours marqué par plusieurs initiatives culturelles. Irène Tassembédo est notamment à l’origine de l’École de Danse internationale Irène Tassembédo (EDIT), du Festival international de danse de Ouagadougou (FIDO) et du Grin des Arts Vivants, une plateforme dédiée à la création, à la production et à la diffusion artistiques.
Ouagadougou, un territoire de cinéma
Avec le FESPACO comme compagnon de route et des partenariats avec le New York African Film Festival et le Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, Ouaga Côté Court entend consolider sa place dans le paysage cinématographique africain.

À Ouagadougou, capitale reconnue du cinéma sur le continent, le festival apporte une proposition complémentaire : mettre le format court au centre de l’attention et lui offrir un espace de rencontre avec les spectateurs.
Du 14 au 21 novembre, les cinéphiles, les jeunes, les professionnels et les curieux auront donc rendez-vous au Grin des Arts Vivants, à Ouidi. Une semaine pour découvrir des histoires venues d’ailleurs, apprécier les regards de nouveaux cinéastes et rappeler que la durée d’un film ne mesure ni sa portée ni sa capacité à marquer les esprits.
PASSERE Boureima
Journaliste culturel – Burkina Faso