Culture : le Centre culturel Pan-Taabo entre dans une nouvelle ère grâce à un financement historique du FDCT et de la Coopération suisse
Ce matin, le Centre culturel Pan-Taabo a officiellement lancé le démarrage des travaux de rénovation et de modernisation de ses infrastructures, à l’occasion d’une cérémonie symbolique et conviviale tenue sur son site, dans le quartier Samandin à Saaba.
L’événement s’est déroulé en présence des acteurs culturels, des partenaires institutionnels, des collègues artistes, des amis, des parents et des habitants du quartier, venus témoigner leur soutien à ce projet structurant pour la culture burkinabè.
Ce lancement marque le coup d’envoi du projet AMÉDIC (Aménagement, Modernisation et Équipement pour la Décentralisation des Infrastructures Culturelles), un projet financé à hauteur de plus de 13 millions de francs CFA par le Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT), avec l’appui de la Coopération suisse, et destiné à doter le Centre Pan-Taabo d’équipements modernes répondant aux exigences de la création artistique professionnelle.

Un premier financement, une reconnaissance nationale
Prenant la parole avec émotion, Lionelle Edoxi Gnoula, promotrice du Centre culturel Pan-Taabo, a rappelé la portée symbolique et concrète de ce soutien.
« Nous avons reçu un financement de plus de 13,17 millions de FCFA pour réaliser notre projet AMÉDIC. C’est notre tout premier financement depuis la création du centre. Pour nous, c’est une reconnaissance immense du travail mené depuis des années sur fonds propres. »
Créé en 2014 et officiellement ouvert en 2017, le Centre Pan-Taabo s’est imposé, malgré des moyens limités, comme un espace actif accueillant spectacles, résidences artistiques, formations et actions d’éducation artistique. Ce financement marque ainsi une rupture majeure dans ses capacités techniques et professionnelles.

Des infrastructures modernes au service de la création artistique
Le projet AMÉDIC prévoit une transformation en profondeur du site afin de répondre aux exigences contemporaines de la création artistique.
Selon Lionelle Edoxi Gnoula, les travaux, estimés entre 5 et 8 mois, se dérouleront en plusieurs étapes clés :
- Réhabilitation et réaménagement de la scène,
- Installation d’un pont-lumière couvert, indispensable à l’accueil de spectacles professionnels,
- Mise en place d’un pont régie son et lumière, offrant de meilleures conditions de travail aux techniciens,
- Acquisition d’équipements : matériel de sonorisation, éclairage, chaises pour le public, gradins, mobilier de bureau et lits pour les maisons de résidence.
« La création artistique a des exigences. Il faut une bonne lumière, une bonne sonorisation, une scène adaptée. Ce projet permettra enfin au centre d’exister pleinement comme un espace artistique professionnel au Burkina Faso. »

Le FDCT et la Coopération suisse : un soutien stratégique à la culture locale
Présent lors du lancement, Issa Bebané, Directeur de la communication du Fonds de Développement Culturel et Touristique (FDCT), a expliqué les motivations de ce soutien.
« L’association Pan-Taabo fait partie des 58 bénéficiaires de notre dernier appel à projets. Ce financement est cofinancé par le FDCT et notre partenaire, la Coopération suisse, que nous remercions vivement. »

Il a souligné le rôle essentiel joué par le centre dans un environnement modeste mais dynamique :
« C’est un centre qui, malgré des moyens limités, fait énormément pour le rayonnement de la culture burkinabè. Ce financement contribuera à améliorer la qualité des spectacles produits et diffusés au bénéfice des populations riveraines. »
Un impact direct sur la jeunesse et l’éducation
Le rôle social du Centre Pan-Taabo a également été mis en lumière par Sanon Michel, fondateur de l’École Zodia, située dans le même quartier.
« S’il n’existait pas, il fallait créer le Centre culturel Pan-Taabo. Dans ce quartier, il n’y a presque pas d’espaces récréatifs ou culturels. Ce centre est une chance pour les enfants et les jeunes. »
Il a insisté sur l’importance de la culture dans l’éducation :
« La culture du corps, la découverte des arts, permettent aux élèves de voir, de comprendre et de s’ouvrir. Cela peut susciter des vocations et préparer la relève culturelle. »

L’annonce de futures bibliothèques et activités éducatives au sein du centre ouvre ainsi de nouvelles perspectives de collaboration avec les établissements scolaires environnants.
Pan-Taabo, un modèle de résilience culturelle
Construit sur fonds personnels, animé par une vision artistique et éducative forte, le Centre culturel Pan-Taabo illustre aujourd’hui la résilience des acteurs culturels burkinabè. Ce financement marque non seulement un renforcement de ses capacités, mais aussi un signal fort en faveur de la décentralisation des infrastructures culturelles.

Avec le projet AMÉDIC, Pan-Taabo se positionne désormais comme un pôle culturel structurant, capable d’accueillir des productions professionnelles, de former la jeunesse et de contribuer durablement au développement culturel et social du Burkina Faso.