FIDO 2026 : quand le Grin des Arts vivants devient le cœur battant de la danse africaine
La 14ᵉ édition du Festival International de Danse de Ouagadougou s’ouvre sous le signe du partage, de la résilience et de la création
Ouagadougou, samedi 24 janvier 2026.
Le Festival International de Danse de Ouagadougou (FIDO) a officiellement lancé sa 14ᵉ édition dans un lieu inédit et hautement symbolique : le Grin des Arts vivants. Plus qu’un simple espace culturel, ce nouveau site se veut un lieu de paroles, de rencontres et de transmissions, fidèle à l’esprit du « grin » dans les cultures africaines, où l’on prend le temps d’écouter, de dialoguer et de partager.

Dès les premiers mots de la cérémonie d’ouverture, la promotrice du festival, Irène TASSEMBÉDO, a donné le ton : un FIDO profondément humain, engagé et résolument tourné vers l’essentiel – les artistes, les corps, les imaginaires et la liberté de création.
Un hommage fort aux artistes, piliers du FIDO
Dans une allocution empreinte d’émotion et de sincérité, Irène TASSEMBÉDO a tenu à rendre un hommage appuyé aux artistes invités, venus parfois de très loin, à leurs propres frais, certains après plusieurs jours de voyage par la route, portés uniquement par la foi en leur art et l’urgence de créer.
« Applaudissez-les. C’est énorme ce qu’ils ont fait pour être ici. Votre présence est une chance. »

Pendant toute une semaine, les corps parleront, les scènes vibreront et les cultures dialogueront, confirmant le FIDO comme un espace de liberté, de rencontre et de transmission, bien au-delà d’un simple festival.
Le Ministère de la Culture : un signal fort pour les arts vivants
Prenant la parole au nom du Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme, le représentant du ministère a salué le FIDO comme un événement majeur de valorisation de la culture burkinabè et africaine.
Il a souligné que la tenue d’un tel festival international, rassemblant des artistes venus d’Europe, d’Afrique et d’ailleurs, constitue une preuve éloquente de l’ouverture culturelle du Burkina Faso, de sa capacité à accueillir le monde et à faire dialoguer les peuples par l’art.

Selon lui, ce sont précisément ces initiatives culturelles structurantes qui permettent de renforcer la cohésion sociale, de promouvoir les valeurs de paix et de partage, et d’offrir à la jeunesse des repères positifs à travers la création artistique. Il a réaffirmé l’engagement du ministère à accompagner les acteurs culturels qui œuvrent, malgré les défis, au rayonnement du pays.
L’Union européenne : un partenariat appelé à grandir
De son côté, le représentant de l’Union européenne a salué le FIDO et l’ouverture du Grin des Arts vivants comme le début d’un partenariat prometteur et durable.
Il s’est réjoui de constater l’émergence d’un espace culturel aussi structurant, appelé à jouer un rôle majeur dans la dynamique de création, de diffusion et de professionnalisation des arts vivants au Burkina Faso. Selon lui, ce lieu contribuera fortement au rayonnement de la culture burkinabè et africaine, bien au-delà des frontières nationales.

L’Union européenne a réaffirmé son intérêt pour les initiatives qui placent la culture au cœur du développement, du dialogue interculturel et de la résilience sociale, soulignant que le FIDO incarne pleinement ces valeurs.
Le Grin des Arts vivants : un lieu collectif, un projet partagé
Moment fort de la cérémonie : l’appel lancé à la communauté.
Le Grin des Arts vivants n’est pas présenté comme un bien personnel, mais comme un lieu ouvert, appelé à vivre grâce à l’engagement collectif. Soutiens financiers modestes, dons en nature (ciment, ferraille, sable, gravier), gestes anonymes mais puissants : chaque contribution a été saluée comme un acte fondateur.
« Pour moi, 5 000 francs, 10 000 francs, c’est des millions, parce que c’est donné avec le cœur. »
Un message clair : la culture se construit ensemble, dans la durée, avec ceux qui peuvent aujourd’hui et ceux qui pourront demain.

Des parrains d’exception pour une édition historique
La 14ᵉ édition du FIDO est placée sous le parrainage de deux grandes figures de la scène artistique africaine :
👉 Mouna NDIAYE et Moustapha SISSÉ.
Mouna NDIAYE : un hommage vibrant à Irène TASSEMBÉDO
Dans un discours magistral, Mouna NDIAYE a livré un témoignage poignant, mêlant parcours personnel, reconnaissance artistique et hommage à celle qu’elle appelle sa « maman de cœur ». Elle a retracé le rôle fondamental d’Irène TASSEMBÉDO dans la structuration de la danse contemporaine au Burkina Faso et en Afrique, soulignant son impact comme chorégraphe, formatrice, promotrice et bâtisseuse de projets.

Elle a rappelé comment, grâce à des structures majeures comme le CDC La Termitière, la Maison des Jeunes de Ouagadougou, et d’autres centres, le Burkina Faso est devenu un hub africain de formation et de création chorégraphique, contribuant à freiner l’exode des talents et à repositionner le pays comme puissance créative.
Moustapha SISSÉ : le témoignage d’un compagnon de route
Avec émotion et sobriété, Moustapha SISSÉ est revenu sur plus de quatre décennies de compagnonnage artistique avec Irène TASSEMBÉDO. De Dakar à l’Europe, des débuts modestes aux grandes scènes internationales, il a salué une femme résiliente, visionnaire et infatigable, toujours animée par l’esprit du nouveau départ.
« Ce lieu ne lui appartient plus. Il appartient à tous. »

Un signal fort des partenaires institutionnels
Présents à la cérémonie, le représentant du Ministère de la Communication, de la Culture, des Arts et du Tourisme ainsi que celui de l’Union européenne ont unanimement salué le FIDO comme une initiative stratégique pour le rayonnement culturel du Burkina Faso.

Ils ont souligné l’importance de ce type de rencontre internationale, capable de changer le narratif sur le pays, en montrant un Burkina Faso ouvert, fréquentable, créatif et profondément vivant, malgré les défis.
Le FIDO, une arme de construction massive
En clôturant la cérémonie, Irène TASSEMBÉDO a rappelé cette conviction forte qui traverse le festival depuis 14 ans :
« La culture est notre arme de construction massive. »
Un message clair, puissant et nécessaire, à l’image de cette 14ᵉ édition, qui s’annonce intense, généreuse et profondément vivante.

PASSERE Boureima